Une interface dédiée de la base de données Bibale

 
 
La base de données Bibale accueille des données de provenance des livres (manuscrits et imprimés). La base est gérée à l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), notamment par la Section de codicologie, histoire des bibliothèques et héraldique et par le Pôle numérique, et elle est utilisée par de nombreuses bibliothèques patrimoniales françaises et par des projets de recherche en histoire du livre, des bibliothèques et des textes. Les données de la base Bibale peuvent être consultées dans leur ensemble, ou bien par le biais d'interfaces dédiées. Vous êtes ici sur une de ces interfaces dédiées.
 

Les provenances de la bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

 
Au moment de sa création par décret de la Convention nationale le 19 vendémiaire an III (10 octobre 1794), le Conservatoire national des arts et métiers prévoit la nécessité de se doter d'une bibliothèque : "Il sera formé à Paris [...] un dépôt de machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d'arts et métiers".
L'abbé Grégoire, accompagné du premier bibliothécaire du Conservatoire, Gruvel, se rend dans les dépôts littéraires conservant plus d'un million de volumes saisis pendant la Révolution et ayant appartenu aux communautés religieuses ou à la noblesse exilée. Tous les dépôts littéraires parisiens seront visités par les deux hommes : Louis-la-Culture, Cordeliers, Enfants-de-la-Patrie, Capucins, etc. ; et même certains dépôts franciliens tel que le dépôt littéraire de Versailles dans lequel ils prélèvent plusieurs ouvrages de provenance royale.
C'est là que les deux hommes vont patiemment sélectionner un par un les volumes qu'ils estiment pouvoir les aider dans la grande idée de l'abbé Grégoire, exprimée dans le Rapport sur l’établissement d’un Conservatoire des Arts et Métiers du 8 vendémiaire an III : "éclairer l'ignorance qui ne connaît pas et la pauvreté qui n'a pas les moyens de connaître".
 
On trouve ainsi de grands noms dans les provenances des ouvrages conservés aujourd'hui au Cnam : la reine Marie-Antoinette, Louis-Philippe d'Orléans, Philippe-Egalité, le cardinal de Richelieu ; on trouve également des personnalités importantes tels que François Michel Le Tellier de Louvois, Jean d'Estrées ou Antoine de Sartine, des scientifiques tels que Pierre-Louis Berthoud, Charles-Marie de La Condamine, Charles Messier ou Jacques-Alexandre Le Tenneur, ou encore le religieux Marin Mersenne, et bien entendu des bibliophiles comme François Guillebon, Henry du Bouchet ou Jean-Nicolas de Tralage.
 
Les institutions religieuses sont particulièrement représentées dans le fonds ancien : abbaye Saint-Victor, Minimes de la Place Royale, Récollets, Capucins, Jacobins, Séminaire du Saint-Esprit, etc.
Hasard de l'histoire, seuls quelques rares documents du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, où s'installe le Conservatoire en 1798, ont été prélevés dans les dépôts littéraires.
 
Identifier les provenances d'un ouvrage, c'est retracer son itinéraire et avec lui, la transmission des savoirs. On trouve ainsi dans le fonds des provenances parfois étrangères (anglaises, italiennes, belges, néerlandaises ou encore suédoises).
 
La direction des bibliothèques et de la documentation du Cnam s'intéresse aux provenances dans leur ensemble, et de nombreuses provenances du XIXe ou XXe siècle sont également présentées sur Bibale : Napoléon III, l'ancien directeur du Conservatoire et pionnier de la photogrammétrie Aimé Laussedat, l'ingénieur et professeur au Conservatoire Henri Tresca , le marquis Albert de Dion, pionnier de l'industrie automobile, Etienne-Jules Marey, Gaspard de Prony. Certaines provenances sont liées plus particulièrement à des fonds spéciaux conservés au Cnam : André et Eugène Sartiaux, dont les cachets et signatures ornent le fonds Sartiaux sur l'histoire de l'électricité, Paul Burguburu et Charles-Rodolphe Testut, dont les numéros d'inventaire et estampilles identifient les ouvrages du fonds de Métrologie.

 

Ces provenances, riches, variées, parfois prestigieuses, contribuent très largement à l'intérêt patrimonial des fonds anciens et précieux des bibliothèques du Cnam mais aussi à l'enrichissement des connaissances sur la circulation des savoirs : elles sont à ces divers titres particulièrement utiles.